So.Li.Tu.De. .

Dans la pénombre, à la tombée de la nuit,
Tu épies mes moindres faits et gestes,
Toujours à mon insu.
Des plus hauts sommets jusque dans les profondeurs de la Terre,
Tu es toujours là.
Même au milieu de mes plus belles conversations
Tu m’appelles et je ne peux empêcher mes paroles de s’embrouiller,
Mon regard de se détourner dans la contemplation lascive d’un horizon lointain.
Au milieu de la foule, parmi ses cris effrénés, je me sens seule.
Chacun me parle dans une langue inconnue qui m’isole un peu plus
Mais me fait comprendre que ma place est ailleurs, étrangère à tout.
Scène grotesque où je ne suis qu’un pantin désarticulé,
Un jour sans toi devient une belle utopie,
Tant tu entraînes mon esprit dans les nuages par une journée ensoleillée,
Tant les nuits deviennent sombres malgré l’éclat d’un ciel étoilé.
Essentielle malgré moi, tu me forces à comprendre
Que tu es un tout dans un rien,
Que la vie est un équilibre sur un vide infini,
Que mon esprit n’est au fond jamais là où vont mes pas.
A cause de toi je sais que je n’ai nullepart où aller
Car dans le fond ma place est partout là où il y a la vie.
Je me retrouve souvent dans la contemplation de l’océan où le murmure du vent dans les dunes.
Ce sont dans ces moments d’abandon au néant que tu n’es plus rien.
Perversion dans la chaleur humaine et attraction de la chair pour le plaisir des sens,
Tu me hantes dans les grandes places et me suit dans la foule.
Ceux là ne peuvent comprendre,
Et cette ignorance constitue ta force pour m’isoler encore plus.
Je me sens quelqu’un que quand il n’y a personne,
Je me sens seule surtout quand je suis entourée.
Quelle étrange compagne tu fais!
Bien que ta présence soit des plus pesantes
Tu n’es rien mais chacun se nourrit de toi sans le vouloir.
Beaucoup se détruisent en voulant te chasser,
Se noyant dans de sombres pensées qui emportent leurs âmes tourmentées.
Pourquoi s’infliger un tel mal quand il faut simplement t’inviter à entrer.
Tu fais partie de moi comme de lui,
Et malgré nous tu seras là pour l’éternité.
Quoiqu’il arrive tu es cette vérité qui nous dépasse,
On nait seul et chacun vit dans la tourmente de ton ombre jusqu’à la mort.
Je ne te crains plus car j’accepte ta présence et t’ouvre les bras.
Je suis faite pour toi malgré moi, et l’appel de mon être inconscient
Est malédiction de l’âme contre laquelle je ne peux lutter.
Alors entre, vieille amie, pourquoi s’agripper  à la tentation de l’éphémère pour adoucir ton omniprésence,
Au moins ton contact terrible et effrayant a un goût de durée.
Grâce à toi, j’arrive à me contempler, me retourner sur la route déjà effectuée.
Jour après jour, tu es un poids qui me pèse sur le cœur et me rend plus seule dans mon univers,
Mais, au fond, peut être, simplement plus sincère ..

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~ par anabarbera sur 12 mai 2010.

2 Réponses to “So.Li.Tu.De. .”

  1. Très beau poème!!!

  2. Quelle belle poésie!Maman!!!!

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