Il était un jour Gorée . ..

•13 avril 2010 • 4 commentaires

Ile de Gorée. Belle, mystérieuse,  petit paradis flottant avec nonchalance au large de Dakar. Pourtant ancien théâtre des pires manifestations de l’inhumanité de l’homme, plaque tournante de l’esclavagisme, pilier du commerce triangulaire pendant des siècles.

Quand on arrive à Gorée on a comme l’impression de quitter le pays, d’entrer dans un micro-monde merveilleux qui flotterait comme une bulle au-dessus de l’anarchie dakaroise. Tout est propre, coloré, soigné, serein. Pas de voitures ni de charrettes, pas de déchets, pas de désordre…je me suis rendue compte que la vie dans la capitale me fatiguait, tant j’ai apprécié mon cours passage en territoire goréen.

Patrimoine de l’humanité et site incontournable de l’histoire universelle, l’île de Gorée a ce petit quelque chose d’indéfinissable qui la rend unique, une touche de mystère qui la rend inoubliable.

Les rues sont étroites et de toutes parts des fleurs et autres plantes dégringolent en cascade, chaque maison a une couleur différente et tous les bâtiments sont historiques, imposant le respect des vielles pierres ayant vu défiler tant de générations. Bien sûr, en dehors de la beauté naturelle de l’île, sa célébrité provient de son histoire funeste en terme d’esclavagisme.


Le comptoir de Gorée était économiquement parlant le plus actif et attractif de toute l’Afrique de l’Ouest, et permettait le transit du bétail humain vers le monde occidental. Usine infernale de chaire humaine, la maison des Esclaves est le site qui témoigne de ce passé sanglant. Pouvant abriter jusqu’à 200 personnes, c’était l’endroit où l’on « triait » les esclaves en fonction de leur sexe, âge, corpulence et utilité. A titre d’exemple, une vierge valait comme un homme de robuste composition, alors que les femmes et les enfants avaient une valeur jusqu’à 6 fois inférieure. Les pièces où étaient entreposée cette « marchandise » étaient vétustes, insalubres, et les réfractaires étaient enfermés des heures durant dans des cachots qui font peur à voir. En cas d’insoumission, la sentence était la même pour tous : 29 coups de fouet minimum, femmes enceintes et enfants confondus. Les femmes non vierges pouvaient être violées à tout moment par les geôliers, et nombres d’entre elles se sont données la mort plutôt que d’enfanter d’une telle infâmie.

Enfin, il y la porte de non retour : c’est le couloir par lequel on faisait passer les esclaves de leur cellule directement jusqu’à la cale des navires qui filaient droit vers l’Amérique ou l’Europe. Les esclaves étaient, pour l’occasion, enchaînés deux par deux par des chaînes aux pieds assorties d’un poids de 10kg pour empêcher toute tentative d’évasion. Au moment de ce cheminement lugubre, nombreux étaient ceux qui préféraient la mort au terrible voyage, et se jetaient à la mer. C’est ainsi qu’après quelques temps, l’endroit était infesté de requins tant le sang versé était abondant. D’autres attendaient alors d’être en mer pour se ‘ »libérer », et parfois cela prenait l’allure d’un suicide collectif afin de se venger de leurs bourreaux. Malgré tout, certaines coalitions d’esclaves ont permis des mutineries ayant abouti à un massacre de l’équipage, et à une prise de contrôle du bateau par ces derniers. Certains sont même parvenus à fonder de nouvelles colonies d’esclaves ayant pu briser leurs chaînes. Malheureusement, cela ne concerne qu’une faible minorité…. Quoiqu’il en soit, la statue symbolisant la fin de l’esclavagisme représente ce funeste passé qu’abrite ce petit bout de terre au milieu de l’océan qui, sous sa paisible apparence, a orchestré un des pires massacres de l’histoire.

Afin d’illustrer ce récit morbide, voici un poème écrit par des lycéens relatant d’une manière imagée ce qu’ils ont appris de Gorée, publié actuellement dans la Maison des Esclaves.


A Gorée.

Pêche, pêcheur, le poisson.

Mais, s’il te plait, le petit d’homme,

Ne le prends pas dans tes filets.


Chasseur, chasse l’antilope,

Le phacochère, le singe bleu,

Mais je t’en pris, ne chasse pas le petit d’homme.


Cogne, cogne charpentier.

Mais ces grands coups de maillet

C’est aux murs que tu les réserves.

Ils ont tant vu ces vieux murs!

Ah! Si demain ils nous parlaient?

Tombent, tombent les masques,

Roulent, roulent mes larmes sur cette pauvre terre.

Battue par des pieds si captifs.

Chante djambé, chante goyave,

Ah! Si la terre pouvait nous dire?


Roche gorgée du sang des lions noirs

Tête tournée vers l’Amérique.

Chante djambé, chante goyave,

Chante, chante grave,

Sur ma plaie verse l’eau salée

Rien ne calmera ma soif de toi, Gorée.

Gorée, je veux savoir, et je saurais.


Ils étaient des cents, ils étaient des milles.

Voici novembre deux mille.

Je viens à toi, île posée en solitaire

Sur le rythme doux de l’amer.

Tout à coup…La Maison aux Esclaves

Et la porte de non retour.

Bouche putride sur le vide.


Cogne, cogne djambé, chante goyave,

Que chaque voyage en clapotis vers la plage ramène ce cri.

C’est l’enfant qu’on arrache au sein noir de sa mère,

C’est l’amant capturé dans le lit de l’amante,

Partout la poudre, le poignard,

L’étrange union de la terre et du sang.

En cet instant où ils passèrent

Les chaînes au cou du petit frère

Océan, t’es-tu déchaîné?


Toi, aujourd’hui tu souris,

Tu t’endors petit à petit,

Mais moi je ne peux oublier

Les coups de rame, les coups de fouet.


Chante djambé, chante goyave,

Chante, chante, chante grave.

Sur ma plaie verse l’eau salée

Rien ne calmera ma soif de toi, Gorée.

Gorée, je veux savoir et je saurais.


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Compte-rendu pratique en milieu informel.

•13 avril 2010 • Un commentaire

Bientôt deux mois depuis mon arrivée au sein de l’association, et mon stage de volontariat international m’a appris beaucoup de choses, sauf le luxe de l’immobilisme ou de la paresse. De nombreuses surprises au tournant, des idées qui fleurissent au fil des jours face à la tentation de se décourager au vue de la lascivité ambiante. Quel est donc le bilan de cet appendice d’aventure au goût d’Afrique?

Sans vouloir me lancer dans une énumération soporifique des actions menées jusque là et des projets en cours, voici une brève présentation du travail accompli et de celui (et pas des moindres) qu’il reste à accomplir jusqu’à mon départ.

En premier lieu on a largement augmenté le nombres d’heures de cours dispensés, d’une part face au besoin des élèves en « difficulté chronique », d’autre part face à l’augmentation du nombre d’élèves. C’est ce qu’on appelle la rançon de la gloire, ici je suis la bête de foire de ces tendres chérubins alors ils sont plus nombreux à venir au « toubab show » . Du coup il y a cours du lundi au vendredi de 15h à 19h, du CP jusqu’à la 5e.

Ensuite vient le Festival artistique « Setal Sunu Senegal », qui aura lieu à Dakar du 8 mai au 4 juin. Au programme du vernissage à la Galerie : représentations théâtrales en extérieur par certains enfants sur le thème incontournable de la Protection de l’Environnement, suivi d’un cocktail et d’une présentation des œuvres. Ces dernières sont diverses et variées : peinture sur tissus, collage de tissus récupérés, arbre géant en papier mâché, peinture sur sable, décoration de bouteilles collectées sur la plage, etc etc…. Autant dire qu’il y a du travail, sans parler de toute la Comm. accomplie dans la banlieue dakaroise et les centres culturels locaux.

D’autre part on a mis en place des cours de remise à niveau et d’alphabétisation pour jeunes adultes, notamment au profit d’ apprentis en artisanat local qui ont arrêté l’école trop tôt pour apprendre à écrire correctement leur prénoms.

Pour ce qui est des activités pédagogiques il y a une programmation établie jusqu’à fin juillet : visite guidée de l’île de Gorée, du Parc Naturel de Hann, Kermesse, Semaine Verte, Festival d’été, Visite du Village des Arts ….. il y en aura pour tous les goûts, mais je n’en dis pas plus vous découvrirez ces évènements au fur et à mesure.

Enfin je vous invite à revisiter le site de l’association que je m’évertue à rendre plus attractif, mais bon ce n’est pas une grande nouvelle que je suis « out » en informatique alors ça me prend du temps pour changer tout ça, je comprend vite mais il faut m’expliquer longtemps ;).

Par ailleurs pour ce qui est de l’association en elle même, le dimanche 18 avril aura lieu une session spéciale de l’Assemblée Générale mensuelle afin de réorganiser le bureau dirigeant. En d’autres termes, le bilan triennale a révélé que des membres ne l’étaient que sur le papier et qu’en réalité ils n’étaient pas à la hauteur de leurs responsabilités. Bref, un exemple de plus faisant référence à l’attentisme local que j’ai déjà évoqué à maintes reprises. Heureusement que tout le monde n’est pas comme ça, ainsi les nouvelles élections de dimanche auront pour but de faire un grand nettoyage de printemps afin de mettre les personnes méritantes à leur juste place, et les autres aux oubliettes. Ames sensibles veuillez m’excuser pour le franc parler de mes propos, mais à un certain moment il faut savoir appeler un chat « un chat »!

Voici donc la programmation printemps-été 2010, ce n’est qu’un léger aperçu mais je réserve le meilleur pour la suite….quoiqu’il en soit, soyez sûr d’une chose : vous non plus vous ne serez pas déçu !

Cinquantenaire de l’indépendance : vers un demi-siècle de décadence ?

•13 avril 2010 • 3 commentaires

4 avril. Fête de l’indépendance d’un pays jeune officiellement de 50 printemps, mais dont l’histoire millénaire a été balayée par des décennies de colonisation sauvage.Bien sûr la transmission orale et archaïque du savoir par les anciens n’a pas aidé à la conservation optimale de la culture traditionnelle, mais bon c’est sûr que l’influence de l’occupation toubab n’a pas aidé.

Revenons-en à cette fameuse fête. Dans toutes les villes du Sénégal sont organisées de nombreux défilés et autres manifestations pour témoigner de l’importance de ce cinquantenaire d’une liberté conquise durement par la sueur et le sang versé de toute une génération. Quelle en est la récompense aujourd’hui, après toute ces années ?

Malheureusement la désillusion se lit sur trop de lèvres, et on pourrait entendre un murmure sourd de désenchantement entre deux roulements de tambour. Dans une fête telle que celle-ci, différentes organisations, institutions, corps de métiers vont vêtir leurs plus beaux apparats et défiler sous les yeux de la foule : élèves d’écoles prestigieuses, détachements militaires, Croix-Rouge, sauveteurs en mer, associations de protection des droits de la femme, …il y en a pour tous les goûts et plein la vue. Pourtant, un léger vent d’amertume souffle sur ce couloir de la désillusion, et de nombreux spectateurs n’ont pas tant le cœur à la fête quand, les yeux dans le vague, ils pensent aux difficultés quotidiennes qui s’amoncellent. Aucune fête n’empêchera les enfants talibés de se lever à l’aube pour aller faire la manche, ou les pêcheurs d’aller en mer chercher leur gagne-pain. Ainsi, nombreux sont les abonnés absents de la liesse populaire, car fête ou pas la crise est toujours là. Célébrer un anniversaire quand le prix du kilo de riz a triplé ces dernières années ? Quand les coupures d’électricité perdurent dans l »ensemble du pays ? Quand 50% de la nouvelle génération est analphabète ?

Bref,l’ombre de ces festivités s’étend et prend le visage d’un mal être social latent, prenant l’ensemble des populations n’ayant pas atteint le sommet. En outre, quand on sait que quasi 50% de la population a moins de 30 ans, on peut mieux cerner cette indifférence à la fête. Les pères qui ont contribué au façonnement de cette liberté acquise 50 ans auparavant ne sont plus ou pas assez nombreux , alors les jeunes ont du mal à s’identifier à un combat qu’ils n’ont pas mené. Leur manque d’instruction ne fait que renforcer le « complexe du colonisé », obsession chronique qui constitue un frein au progrès social. En effet, tous n’ont qu’un mot à la bouche : Partir. Pour quoi, pour où? L’Europe, les Etats-Unis, le Canada… Même sans diplôme ni connaissances sur place, ils pensent tous que chez nous on travaille peu pour gagner beaucoup, que tout est plus facile. Alors quand j’évoque leurs compatriotes vendeurs à la sauvette qui passent leur temps à échapper à tout ce qui porte un uniforme, on me rit au nez. C’est plus facile de croire en une terre promise, d’imaginer une vie meilleure de l’autre côté de l’Atlantique….malheureusement la réalité est toute autre, mais l’eldorado du merveilleux pays des blancs est tellement ancré dans les esprits de la nouvelle génération qu’ils sont peu nombreux à comprendre qu’ils doivent rester, que c’est le combat qu’ils doivent mener pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants. Malheureusement, les cerveaux et la force de travail rêve d’ailleurs pendant que le pays est dirigé par une oligarchie composée de certains hommes dont certain ont à peine le BAC.

Ainsi, beaucoup de gens se laissent vivre devant l’incertitude de l’avenir et préfèrent attendre qu’on vienne les aider avant qu’ils ne s’aident eux-même. Il ne faut pas prendre ça comme une condamnation de la petite toubab qui se la raconte moraliste en Teranga, pas du tout. Mais je vois tellement de parents qui en ont rien a faire de voir leurs gamins traîner dehors et arrêter l’école à 12 ans, des pères préférant se chercher une deuxième femme plutôt que de s’occuper des enfants de la première ou des mères gaspillant leurs maigres économies dans de la crème décolorante plutôt que dans du lait ou des livres scolaires. Tout ça me donne l’impression qu’en dehors de la politique politicienne d’une minime minorité qui s’envoie en l’air dans le pétrole et le luxe pendant que ceux d’en bas crèvent de faim, l’attentisme est l’autre fléaut qui gangrène l’avancement du pays. Certes nous avons une responsabilité indéniable dans ce retard de développement, mais 50 ans après la proclamation de l’indépendance, c’est trop facile de dire que tout est la faute des étrangers alors qu’on ne cherche pas de travail pour arrondir les fins de mois. Certes, la vie quotidienne est difficile et les conditions de travail rude, mais c’est sûr que quand on ne cherche pas, on ne risque pas de trouver. Après il ne faut pas considérer mes propos comme une condamnation radicale des populations, mais il y a tellement de gens qui donnent des excuses pseudo colonialistes à leur misère alors que je VOIS ce qu’ils font de leur argent et de leur temps, et qu’en connaissance de cause je peux dire qu’ils ont une certaine part de responsabilité dans la précarité de leur situation.

Après je le répète, je ne suis personne pour juger quoi que ce soit, je reste à ma place de simple spectatrice, mais j’avoue que c’est rageant de constater un tel attentisme banalisé, alors que parallèlement je vois beaucoup de gens qui se démènent jour et nuit, et dont les efforts ne sont pas récompensés à leur juste valeur.

Par ailleurs, le pays traverse une crise identitaire de plus en plus prononcée entre les différentes ethnies. Ainsi, aujourd’hui il devient plus difficile de marier une Wolof avec un Toucouleur qu’avec un français. D’un point de vue économique, le pays a pris du retard et voit sa balance commerciale toujours déficitaire. Même si les ressources et la force de travail sont là, la mauvaise redistribution des richesses devient un mal chronique, surtout quand on voit qu’après 50 ans le pays souffre toujours d’une répartition énergétique aléatoire, et que les problèmes d’irrigation et de gestion de l’eau ne sont toujours pas réglés. Quant au système éducatif, il reste inchangé depuis les années 60….il n’y aurait rien à redire si tous mes élèves de CE2 étaient capables d’écrire leur nom, malheureusement tel n’est pas le cas..à se demander ce pour quoi sont payés leurs profs, et s’ils savent faire autre chose que de se mettre en grève quand le ventilo est en panne.!

Ainsi, quand je regarde cette foule devant le défilé, je m’interroge sur le véritable sens de cette fête, et je suis loin d’être la seule à éprouver ce sentiment de malaise. En 50 ans , le pays n’ pas progressé comme il aurait pu le faire, et à même régressé dans certains domaines. Le panier de la ménagère est moins bien garni aujourd’hui qu’en 1960, et on ramasse par dizaines les corps sans vie d’adolescents qui ont tenté la transatlantique en barque pour un pseudo monde meilleur. Comme si après l’euphorie de l’indépendance les gens vivaient dans une gueule de bois permanente, et préféraient se recueillir sur les cendres d’un passé révolu plutôt que de se tourner vers l’avenir.

Alors ils pourront toujours chanter l’hymne national, défendre les couleurs de la nation et rappeler l’héroïsme de certains résistants africains, mais que leur ont-ils laissé?

Comme si l’indépendance n’était qu’une finalité en soi mais pas un moyen de reconstruire le pays.

Comme si c’était un cadeau inespéré offert en des mains qui ne savent pas quoi en faire, alors on préfère le regarder plutôt que d’apprendre à s’en servir. Et c’est justement ce nuage de tristesse et de désillusion qui vient voiler le soleil de cet anniversaire..


Natural Flavour.

•12 avril 2010 • Laisser un commentaire

Reprenons quelque peu notre visite des richesses qu’abrite notre belle terre sénégalaise. Suite a mon periple jusqu’a Thies, je suis ensuite allée faire un tour du côté de St Louis le temps du week end de Paques. Pour l’info, St Louis est la capitale historique du Senegal dirons-nous, car en realite Dakar a été érigée en capitale officielle au lendemain de l’indépendance donc dans les années 1960. La ville se situe au nord de Dakar sur la côte, a la limite de la frontière avec la Mauritanie. St Louis a été bâti sur une ile, donc on peut y accéder par un pont construit début XIXe, et de par sa tipographie, tel un bras de terre s’avançant vers la mer, la ville est entourée d’une part par le fleuve Senegal, d’autre part par l’Océan Atlantique….autant dire que la pêche est une activite economique locale très lucrative! De plus c’est une très jolie ville en comparaison de Dakar, et même si les vestiges de l’architecture colonniale n’ont pas été bien entretenus, le centre est propre et très coloré!

Etant là-bas j’ai eu envie de me retrouver un peu avec la Nature (mon côté petite fleur exacerbée par le voyage sans doute) et je me suis rendu au Parc Du Djoudj. Situé à 70 km au Nord de St Louis, c’est en réalité la 3e réserve ornithologique au monde, de par la diversité des espèces qu’il abrite (plus de 330 espèces d’oiseaux) et sa population estimée à 3 millions de spécimens. Cormorans, flamants roses, pélicans, oiseaux serpents, ibis royaux, …sans parler des gazelles, phacopchères, chacals, varans et autres crocodiles qui accompagnent la danse. D’ailleurs l’aventure a bien commencé, car la route pour y accéder traverse des pistes à travers les champs environnants, et autant dire qu’il faut avoir des bons amortisseurs…et un bon chauffeur, car on a percuté de plein fouet un phacochère, et j’ai bien cru qu’on allait y passer, la voiture a fait une belle embardée et on a failli finir quelques mètres plus bas…mais tout est bien qui finit bien, Schumacher le chauffeur a évité le pire, par contre le pauvre phacochère était gravement blessé, et est allé mourir quelques mètres plus loin…triste scène, surtout quand on est une fan du Roi Lion et du célèbre Poumba avec son HakounaMatata mythique !! En plus on a du rendre des comptes au Général qui est responsable du Parc, comme c’est un site protégé , la mort d’un animal peut être sévèrement puni…heureusement il a été compréhensif, car emprisonnée en Afrique pour assassinat d’un sanglier sauvage sacré, j’aurai eu l’air c** !!

Passons l’anecdote du phacochère et continuons sur le Parc. Crée en 1971, il appartient au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981. Il n’est ouvert que de novembre à mai car la plupart des espèces sont des oiseaux migrateurs, et sinon l’irrigation du fleuve dépend des cultures environnantes (surtout tomate et riz), donc en temps de saison de pluie l’accès est interdit.

Bref c’était une très belle journée que je vous ferai partager en images quand la technologie locale me le permettra……en tout cas paix à l’âme du phacochère, et spéciale dédicace à ma cousine bretonne qui avait percuté un sanglier avec sa Renault 5, ça impressione mais passé la peur du moment on culpabilise toujours pour le salut de la pauvre bête….quoique, si le sanglier était comestible j’avoue que l’idée m’aurai efleuré de le ramener à la maison pour un grand festin genre Astérix et Obélix sous l’arbre du village, après tout y’en a marre des fois de manger que du poisson !!

Coup de Torchon.

•8 avril 2010 • 3 commentaires
A la croisée de deux mondes,
On se retrouve autour d’une table,
Ronde, Accueillante, belle dans sa simplicité.
Quelques lumières diffuses, ambience tamisée
Des soirées interdites où l’on y entre facilement
Mais on n’en sort jamais vraiment.
Douce mélodie qui éveille les coeurs
Et innombrables senteurs qui éveillent les sens,
Tout autant de saveurs multicolores.
Indescriptible est le voyage de cette soirée,
Intemporel, unique pour l’éphémère du moment.
Dans ton sourire je me regarde
Et dans ton visage je me reconnais,
Le soir où tu as légèrement levé le voile
Sur ce ciel enchanté qu’on appelle
Eternité ..

On the RoAd Again .

•7 avril 2010 • 5 commentaires

Fete des Lions, foot pendant l’heure de maths… adieu craies et compas, c’est les vacances !

Ici aussi on suit un calendrier academique de faineant, alors qui dit Paques dit 2 semaines de Farniente !! Ou presque …j’en ai profite pour partir en escapade et m’evader un peu de mes taches quotidiennes, ce qui n’est pas pour me deplaire, alors en voiture Simone !!

Ou plutot en bus avec les valises sur le toit et entasses les uns sur les autres. Mais bon ca fait partie du charme roots du voyage a l’africaine, alors on va pas se plaindre. La tete collee contre la fenetre et l’oeil rive sur les paysages qui defilent … apres c’est pas comme quand on prend le TGV en France ou les images se succedent d’une maniere saccadee, vieux film mpnotone. On depasse pas les 50 km/h sinon le moteur pourrait lacher, et on s’arrete aussi souvent que possible donc toutes les 10 minutes. Malgre tout le paysage change au fue et a mesure de la route. Moins de construction laissee a l’abandon, plus d’arbres et de troupeaux. Meme si on respire toujours le meme air vicie par les pots d’echappements d’avant guerre, l’atmosphere a un gout d’evasion. Cependant on retrouve le meme spectacle des bords de route. Des vendeurs en tout genre, portant leurs maigres marchandises sur la tete ou sur une natte a meme le sol …autant d’innombrables visages sans nom et de regards sans conscience, qui restent des heures interminables au soleil pour recolter tellement peu de choses. Dure est la vie de ces ames abandonnees sur les bors de route, qui ont choisi un commerce bien peu lucratif pour nourrir les bouches de la famille. Mais bon, cela fait aussi partie du paysage …

De nids de poule en terre battue et autres troupeaux de chevres parresseuses, le bus poursuit tant bien que mal son periple dans la brousse. Et on evite de trop reflechir quand on voit les carcasses de ces meme bus abandonnes sur le bas cote, qui ont accompli leur dernier voyage tragiquement.

Des barrages de police ou de l’armee ponctuent regulierement le voyage. Et suscite en moi la meme crainte a chaque arret. Je dissimule tant bien que mal le teint clair de ma peau et tou ce qui en decoule. Il faut preciser qu’ici policier est le plus beau metier du monde, quand on voit le racket qu’ils operent sur les etrangers arretes sur les routes. Que ce soit en ville ou en campagne le tarif est le meme, tu payes le prix fort ou c’est direction le commissariat pour te soutirer plus d’argent sur d’innombrables motifs infondes. De vrais agents de la gestapo, alors meme si jusque la j’ai eu la chance de ne jamais me faire depouiller par les forces de l’ordre, je prefere me faire discrete et ne pas crier au loup, je n’ai pas vocation a alimenter la corruption de bas etage. Cela fait partie des choses peu attrayantes du statut d’etranger qui vous colle a la peau du debut a la fin du sejour.

Passonsm on arrive enfin a destination. Paysage different, ville differente, mais toujours la meme cohue, le meme desordre ambient. A peine descendue du bus avec mon baluchon qu’on essaie de m’attirer a droite a gauche pour des motifs innombrables, ayant tous attrait a mon portefeuille. Pas de soucis de ce cote la, les avantages de la feminite me permettent de cacher mes quelques economies dans des endroits, certes a la limite de la descence, mais innaccessibles pour les mains baladeuses.

Pour le point info je suis a Thies, ville de 250 000 habitants situes a 70 km a l’est de Dakar dans l’interland. Je suis accueillie dans les locaux de la MIS (Mission Inter Senegal). Pour la petite histoire c’est une asso catho a but non lucratif et qui aujourd’hui a acquis un statut d’ONG. Les missions operees par la MIS s’etendent dans les regions alentours et principalement dans les villages les plus demunis. Au debut axe sur le developpement du micro credit pour mettre en place un systeme economique local stable, les actions se sont diversifiees dans divers domaines : education, sante, prevention, systeme d’irrigation et d’acheminement de l’eau, …tout autant de points essentiels dont la carence de developpement freine l’amelioration du bien etre social. Leurs partenaires locaux et etrangers sont nombreux, et autant dire que leurs actions sont saluees par l’ensemble de la communaute, toute ethnie et croyance confondues.

Les anciens disent aue les petits ruisseaux font les grandes rivieres et c’est on ne peut plus vrai ici, ou tout autant de volontes altruistes s’activent en revant d’un avenir meilleur. Seuls nos enfants pourront confirmer le resultat ..

L’Etranger.

•31 mars 2010 • 2 commentaires

Arrivée.Confusion.

Tout semble irréel, surfait, d’un autre monde.

Spectateur impuissant de scènes insensées, je me sens épiée.

Les gens se retournent, s’interrogent du regard, m’épient encore.

La confusion est le maître mot, tant à l’extérieur que dans mes pensées.

Chaque endroit est parsemé de désordre, chacun suit sa route sans regarder autre chose.

On écarte ce qui gêne le passage, tout ça n’a pas d’importance.

On me bouscule, on veut m’acheter comme me vendre…..où suis-je?

Malgré tout, à mieux y regarder une certaine cohérence surgit du désordre,

Une harmonie parallèle surpasse la première impression de chaos.

Des cris jaillit un rire, des foules sort un enfant, et les voix s’accordent sur un mot : Jam! (=paix).

Tout prend alors une teinte différente, d’un univers auparavant hostile surgissent des couleurs et des formes,

Et sur mon visage tendu se dessine un sourire.

Toi l’ étranger, l’ inconnu, sois le bienvenu

Car ton savoir est richesse et ta générosité un trésor.

Œuvre avec un regard de paix et sers la main de l’autre étranger comme un égal.

De cette alchimie innatendue tu trouveras le chemin du bonheur ..