Lutte and Co… il va y avoir du sport !

•29 mars 2010 • 4 commentaires

Bouillon de culture, et immersion dans le sport national par excellence : la Lutte Sénégalaise.

On change du registre poétique et fleur bleue des derniers jours pour le côté grosse brutte des lutteurs, à qui n’en déplaise !!

Un peu de sérieux, en fait la lute sénégalaise est réellement LE sport à suivre, tant elle déchaîne les passions et autres ferveurs populaires, et ce dans toutes les chaumières. Il y a deux sortes de lutte, l’une qui s’apparente à la gréco-romaine car basée entièrement sur des prises avec bânissement des coups…..mais nous allons nous intéressés à la seconde, bine plus sanglante donc par défaut plus intéressante : là où tous les coups sont permis !! Et le pire c’est que c’est vrai, à part bien sûr l’attaque sournoise au service trois pièces de ces messieurs(!), vous pouvez même tirer sur le short du copain, du moment que ça le met au sol, c’est bon !!

Belle prise, qui ne laisse planer aucun doute sur l'issue du combat...

Bref, passons aux règles. En deux mots, le combat se déroule entre deux lutteurs, sur un temps indéterminé. Le but est de mettre l’adversaire au sol, c’est-à-dire sur le dos, les fesses, la tête ou en cas d’utilisation de 4 appuis qui touchent le sol et c’est fini. Par contre, si le lutteur est au sol sur seulement 3 appuis (exemple : main-pied-genou, 2 mains+1pied,2 pieds+1 main, etc etc…) le combat continue. Par conséquent, il y a des combats qui durent même pas 10 secondes, car une bonne prise peut mettre l’adversaire par terre, et c’est terminé pour lui. Alors que d’autres peuvent, au contraire, durer très longtemps.

Mais la dimension exceptionnelle ne se situe pas tant dans l’aspect physique des combattants ou du déroulement propre du combat, mais surtout dans son aspect mystique. En effet, on dit toujours qu’un combat se fait dans la tête avant de le faire sur le ring, et bien c’est on ne peut plus vrai au sujet de la lutte. La dimension mystique est telle que les combattants sont couverts de grigris et autres porte bonheurs de leur marabout perso pour le déroulement du combat. Un combat se prépare avec le marabout et en parallèle avec une certaine dimension religieuse plusieurs jours, voir plusieurs semaines à l’avance pour les « grands » combats.

Vivie les Grigris !!!

Le jour même du combat, le lutteur effectue une danse avec son staff devant le public, et ce pendant un temps toujours bien supérieur à celui même du combat. Le public est toujours endiablé, et parait tellement plus fervent que nos supporters de stade, super bof avec leur bandoulière tricolore que je n’arrête pas d’en rigoler à chaque combat. Bref, la dimension mystique est réellement primordiale tant dans la tête des gens que pour les combattants, à tel point qu’on entend souvent q’un tel a été vaincu car pas assez préparé sur le plan mystique…..C’est assez hallucinant de vivre un tel engouement et une telle pratique anti-conventionnelle pour un sport, surtout quand on voit les moyens développées, et le sacrifice que peuvent faire les gens pour se procurer une photo de leur idole alors qu’ils ont à peine de quoi se nourrir.

Image publicitaire pour le combat de Balla Gaye 2 contre Modou Lô.

Par exemple, la semaine dernière il y avait un combat opposant deux lutteurs diablement connus et populaires dans tout le Sénégal, voir dans toute l’Afrique. Ainsi, ce combat Balla-Gaye 2 VS Modou Lô, j’en entendais parler depuis mon arrivée, et sans déconner il y avait plus de panneaux publicitaires sur les routes et partout dans Dakkar que d’habitants, et je parle même pas des pubs à la radio à la télé qui m’exaspéraient même plus que le coq qui chante sous ma fenêtre le dimanche à 6h du matin….c’est pour dire ! Bref, j’en pouvais dèjà plus de ce combat deux semaines avant la date, alors que tout le monde ne parlait que de ça !!!! Et je vous raocnte pas le jour J …… après que le favori ait remporté le combat (torché en 44 secondes, sérieux tout ce barouf pour moins d’une minute de combat j’étais dégoûtée 😉 ) je vous raconte pas le carnaval que c’était dans la rue…..un joyeux bordel digne d’un 1998 chez nous, et ce toute la nuit !! Il y avait plein de gens qui pleurait aussi (les supporters du camps adverse), mais pas les larmiotes pour faire style de, non non ils pleuraient à chaudes larmes, en sanglottant, gémissant et tout le tralalala, comme si toute leur famille s’était craché dans un avion. Bref, entre tous ces joyeux drilles complètement hystéro je ne savais plus à quel saint me vouer, et me sentait un peu étrangère à penser ce que j’allais bien pouvoir me faire à manger alors que d’autres avaient perdu le sens commun de la parole.

Tout ça pour dire que le sport est aussi une composante inhérente à la culture d’un pays, et ici la lutte, on l’écrit avec le L majuscule….je reconnais ne pas toujours saisir la beauté de certaines danses triviales d’avant le combat et de tous les rituels que font les lutteurs entre eux avant le combat. Par exemple, avant de commencer l’offensive ils restent au moins 30 sec.à se tourner autour et à se faire des gestes bizarres avec les mains….rien de plus frustrant que de voir des gros malabars jouer à touche-moi-les-mimines- alors qu’on attend de les voir se sauter dessus!!

Quoiqu’il arrive le lutteur est toujours fair play, mais sincèrement et pas juste pour faire bien devant les caméras….il va toujours consoler son adversaire qui pleure quand il l’a mit a terre, et remercie toujours sa maman avant son marabout…….brave petits gars, mais bon quand on voit les molosses en chair et en os, c’est mieux de les avoir comme copains pendant les bagarres de sortie de boîte, croyez-moi !!

A : Art, Atelier, Animation.

•21 mars 2010 • 8 commentaires

En dehors des cours de renforcement que nous dispensons chaque sainte journée du lundi au vendredi, nous avons mis en place un projet à vocation artistique qui a toutes les chances d’être très intéressant et riche en émotion. D’accord, c’est sûr que je suis pas une grande artiste et que, à part dessiner des bonhommes d’art très « imaginatif », je n’ai aucun talent notoire en dessin.

En fait nous avons monté un projet avec Haby, une jeune artiste peintre-plasticienne de Dakar ayant une galerie d’art (Aréva Evasion) au coeur de la Médina, face au village artisanal. Un ami de Saint-Malo qui a une galerie d’art Africain à Intra-Muros, et au passage vice-président d’une asso humanitaire franco-sénégalaise qui a pour vocation de protégér les enfants des rues (cf Afreeca Child) m’avait donné son numéro. Et c’est une rencontre qui vaut de l’or, car c’est vraiment une personne qui gagne à être connue. D’origine sénégalaise de la region de Saint-Louis, elle a fait ses études secondaires en France mais est revenue au pays pour intégrer l’école des Beaux-Arts de Dakar. D’un talent sans conteste, elle crée son association des Trois A (Art, Animation, Atelier) après la fin de ses études, et se destine à initier les enfants du quartier à diverses disciplines artistiques, car pour eux c’est toujours mieux que de voler les portefeuilles des Toubabs (hé oui, c’est pas une des coins les plus charmants de Dakar). Les enfants viennent nombreux, trop parfois, mais ils ressortent toujours de la galerie avec un sourire d’arc en ciel et une humeur colorée.

Bref, je vais arrêter de m’attarder sur des détails qui pourraient vous faire baîller, donc cette année elle fait partie des artistes qui vont exposer pour la biénale des Arts à Dakar. C’est une manifestation artistique annuelle s’étalant du 8 mai au 4 juin, et qui récompense les meilleurs artistes de la ville, soigneusement choisis par la Mairie.

Ainsi, pour en revenir au projet, nous allons cette année exposer les oeuvres des enfants de CE2, CM1 et CM2 au grand public, et ce au sein de la galerie d’Art  et même dans la rue. Le thème choisi est « Comment protéger notre environnement » ?, et les enfants ont un mois pour réaliser chacun une peinture sur tissus, une oeuvre en collage de papiers récupérés et papier mâché, et une dernière avec des bouteilles de plastiques ramassées sur la plage. Bref, un joyeux travail de gais lurons, et les enfants ont déjà commencé samedi avec un enthousiasme qui faisait chaud au cœur. Les premiers dessins étaient pleins d’imagination, avec quelques poèmes (bourrés de fautes d’orthographe, malheur à moi j’ai pas fini de corriger des dictées 😉 ), mais bon c’est l’intention qui compte alors on était plutôt contents. Ils ont même trouver le slogan de notre projet (Salu Sum Senegal, qui en wolof signifie Sauvez/Protégéz le Sénégal, bref un adage reluisant d’un optimisme tout enfantin!). Du coup avec Haby c’est un beau projet qui se met en route, elle nous rend visite à Grand Mbao samedi prochain pour continuer la peinture et préparer le tissus..on a pas fini de jouer aux apprentis artistes !!

De plus on va monter deux pièces de théâtre avec les CM pour donner des représentations en plein air pour les jours d’ouverture et de clotûre du Festival. En espérant que les gens vont se montrer généreux, ça nous permettra d’organiser la sortie scolaire de fin d’année, et la kermesse. Bref de jolies perspectives qui s’ouvrent pleines de gribouillages et autres schtroumpheries, que j’aurai le plaisir de vous faire partager en image quand je trouverai une connexion digne de ce nom…

Sur ce à vos pinceaux, et n’hésitez pas à m’envoyer vos idées pour peindre le monde de demain en arc en ciel et faire de la nature un vaste bastion Flower Power 😉

AwA ..

•21 mars 2010 • 3 commentaires

Il est bien connu que le dimanche est le jour de nostalgie de la semaine par excellence….bref voici un bref aperçu de mon inspiration du moment, jugez par vous mêmes (si vous vous sentez une âme de poète bien sûr ..).

Awa.
Femme, en un jour lointain et heureux
On te donna la Vie.
Vierge de tout vice et portant un regard neuf sur le Monde,
Tu traversas Mers et Continents dénuée de tout préjugé, pleine d’insouciance.
Tu voyais de la beauté dans toute chose, de l’ infiniment petit à l’ infiniment grand.
Des rameaux jusqu’aux fleurs, chaque être vivant recevait ta bénédiction.
Après avoir parcouru monts et vallées pour en admirer toutes les richesses,
Tu te laissas aller à une douce torpeur à l’ombre des arbres millénaires.
Satan profita de cette inattention pour t’enlever et t’entraîner au plus profond des plus sombres contrées.
Il te suivait depuis toujours, malin et tentateur, mais à chaque fois tu l’avais repoussé.
Seul être en ce monde n’ayant de grâce à tes yeux,
Il te désire ardemment car, seule beauté en ce monde qu’il ne peut corrompre, tu serai sa plus belle victoire.
En vain, cœur pur et inaccessible, jamais tu ne répondrai à ses désirs.
Alors commença sa vengeance.
Il fit de toi son esclave, et assouvit ses plus vils désirs pour avoir ta soumission.
Quand tu fus brisée mais crachant toujours le même refus de l’aimer un jour,
Il était à bout de patience et te rendit ta liberté.
Et là commença ta vraie souffrance.
Rien n’était plus comme avant.
Le parfum des fleurs s’était envolé, les fruits avaient un goût de terre
Et la douce caresse du Soleil ne suffisait à réchauffer ton cœur glacé.
Tout était devenu terne, le monde semblait plongé dans un éternel hiver morne et gris.
Désespérée, tu courais le monde d’un pas traînant, le regard vide et l’âme brisée.
Abusée et désabusée, tu errais dans les nymbes d »une vie antérieure qui n »était plus.
Pendant tout ce temps, Satan t’observait.
Et se délectait un peu plus chaque jour de sa vengeance,
Ton désespoir étant sa consolation face au refus de ton amour.
Ô Femme, redresse toi et sois digne.
Accepte les méfaits de la vie, et le cœur sans haine, lève la tête
Et affronte ton seul véritable ennemi : toi-même.
Sois forte et respectée du Monde, et la Nature te rendra ce qu’on t’a pris.
Ainsi sonnera le glas de ta vengeance et la fin du règne de Satan ..


Poète inconnu, gagnant à être connu .?

Tiep Bou Dieune (Pen ta Mabye).

•18 mars 2010 • 3 commentaires

Adeptes de la cuisine bonjour, voici votre première leçon de cuisine lébou, et pas des moindres : celle du célèbre Tiep Bou Dieune. Ca paraît un peu barbare dit comme ça, mais n’ayez crainte cela veut tout simplement dire Riz au Poisson. C’est en réalité LE plat à découvrir au Sénégal, à l’origine cuisiné à St louis à la manière « Pen ta Mbaye » (d’où l’expression utilisée pour désigner un bon Tiep Bou Dieune). Après il existe autant de manières de le cuisiner que de jours dans l’année, donc je ne vais ici n’en développer que celle qu’on m’a apprise, à la mode de Grand Mbao.

Recette pour ceux qui ont les yeux plus gros que le ventre (environ 6 personnes) :

Temps de préparation : 2h (sauf si vous le cuisez sur des braises comme ici 😉 )

Ingrédients : 2 petites poignées de poivre noir entier, de piments (type espelette ou langue d’oiseau), de laurier séché, une dizaine de gousses d’ail, 3 oignons, petite botte de persil, 3 belles dorades pêchées du matin, une petite poignée de poivre gris, une poignée de fleurs séchées de Bisap, 100 g de caviar de tomate, un peu de poudre de tomate,3 cubes de cuisson Maggi, un peu de viandox (2 cuillères à soupe), une tranche de poisson séché/fumé d’environ 200g, une carotte, une aubergine, un chou blanc, un navet, une courge, 5 tomates bien mûres, un oignon vert, du gros sel, de l’huile végétale, 300 g de riz.

NB : si vous avez du mal à trouvez certains ingrédients remplacez les par des proches parents locaux, la créativité c’est ça la clé du succès ! Il faut toujours savoir faire preuve d’imagination, même en cuisine !

  • Prendre 3 belles dorades. Les écailler, vider, couper en 2 en gardant la tête (pas de gâchis, on se la fait à la mode africaine!). Mettre à tremper dans de l’eau froide avec du gros sel.
  • Au mixer, mélanger du poivre noir en grains (une petite poignée), du laurier séché, du piment (type espelette ou langue d’oiseau, une petite poignée), 5 gousses d’ail épluchée et  coupée en 2 (n’oubliez pas d’enlever la veine du milieu), et du persil. Après l’obtention d’une pâte homogène faire une incision  dans chaque poisson pour y glisser le mixage obtenu. Laisser de côté mais hors de l’eau.
  • Légumes : 5 Tomates; 3 Oignons ; 5 gousses d’Ail ; 1 Carotte ; 1 Chou Blanc ; 1 Courge ; 1 Navet ; 1 Aubergine ; 1 Oignon Vert ; 1 Pomme de Terre.

Epluchez la carotte, la courge, le navet, la patate, l’ail. Les couper dans le sens de la longueur en 4, avec l’aubergine, le chou blanc. Coupez les oignons en cube. Laisser le toutà reposer dans de l’eau fraîche. Dans une terrine, écraser les tomates à la main pour en faire une purée.

  • Faire frire le poisson dans de l’huile végétale. Retournez le, une fois doré retirez le du feu et mettre de côté.
  • Conserver l’huile de cuisson du poisson, et ajouter : 100 g de caviar de tomate, les légumes précédemment coupés ( sauf l’aubergine, les oignons en dés, l’oignon vert et l’ail). Ajouter la purée de tomates, puis un carré et demi de cuisson maggi, la tranche de poisson séché (environ 200g), ainsi que de la poudre de tomate. Mélanger le tout, ajouter un grand verre d’eau, couvrir et laisser mijoter à feu doux.
  • Au mixer, mélanger : une petite poignée de poivre noir, de laurier séché, de piment, l’ail, les oignons en dés, l’oignon vert coupé, et une poignée de fleurs séchées de Bisap. Après l’obtention d’une pâte homogène, ajouter au mélange de légumes sur le feu, avec les aubergines et le poisson précédemment frit. Couvrir et laisser mijoter à feu doux pendant environ 45min.
  • Riz : mettre dans une passoire que vous posez au dessus de la casserole contenant le poisson et les légumes. En tourer d’un torchon pour assurer une bonne étanchéité, et faire un puit dans le riz pour une cuisson optimale. Pour les fainéants, vous pouvez commencer à cuire le riz dans une casserole à part avec un peu de sel.
  • A mi-cuisson, retirez le riz du feu. Avec un tamis, retirez le poisson et les légumes de la sauce, mettre dans un plat à part et couvrir. Ajouter le riz dans la sauce pour qu’il finisse de cuire. Ajouter le poivre gris moulu, un carré et demi de cuisson maggi, du sel et le viandox. Surveillez la cuisson en goûtant de temps en temps, et n’hésiter pas à rajouter de l’eau si besoin.

Une fois le riz cuit, prendre un grand plat (ici on mange tous dans la même gamelle, alors il faut s’adapter!). Disposer le riz avec sa sauce de cuisson, et poser au milieu le poisson et les légumes. Voilà c’est prêt à déguster, épicé à souhait alors attention aux coups de chaleur !! Prévoir une carafe d’eau fraîche à proximité …

MAmoussa, le MAgicien MEnuisier.

•15 mars 2010 • 4 commentaires

Parlons un peu d’artisanat local. Je ne pense pas, bien sûr, aux stands à touristes que vous trovuez sur la côte et qui vendent tous les mêmes choses. Non, je parle de vrais artisants, qui n’ont pas suivi de formations aussi poussées que chez nous, et qui avec peu de moyens font un travail remarquable.

Allons donc faire un tour du côté de chez Mamoussa, LE menuisier du quartier. Son atelier est installé dans sa maison, entre le toit, le poulailler et le jardin (où on a du tailler quelques arbres d’ailleurs). Fort d’une quinzaine d’apprentis, ça bourdonne comme dans une ruche de 8h à 20h, même les dimanches et jours fériés.

Ils ne travaillent que sur commande et sur mesure, et livraison nocturne de rigueur à cause de la convoitise des voisins. En effet, si les gens pas très fut fut du bled vous voient vendre des belles choses, ils vont se dire que vous avez de l’rgent et donc vont pas se gêner pour venir taxer.

Bref, tout se travail minitieux s’apparente plus à de l’ébénisme qu’à de la menuiserie pure. Des lits, armoires, commodes, coiffeuses…….le tout vernis et orné de sculptures toujours différentes. Et bien sûr, dans cet esprit créatif c’est toujours la bonne humeur qui prime, entre deux tasses de thé noir pour se donner du coeur à l’ouvrage !!

Waltie, la mascotte de l'équipe !

Et je vous présente Waltie, la dernière de la troupe mais toujours là pour faire des bêtises !

Touch of Pink ..

•15 mars 2010 • 5 commentaires

Un peu de tourisme…première sortie au Lac Rose, site incontournable du bon routard au Sénégal. Situé à un quarantaine de kilomètres de Dakar, on l’appelle également Lac Retba.

Il tient nom de la couleur de son eau, qui est vraiment rose. C’est en partie du à la présence de crevettes microscopiques, mais surtout à un taux de salinité incroyablement élevé, atteignant les 380 g. de sel par litre d’eau, quasi autant que dans la MEr Morte. Aupravant il était relié à l’Océan, mais depuis de nombreuses années le lac est redevenu fermé. Se situant à 6 m. en dessous du niveau de la mer, des infiltrations souterraines permettent de maintenir un taux de salinité élevé.

De nombreuses personnes travaillent sur le site pour la « récolte » du sel car ça paye vite et bien, mais c’est un travail dangereux pour la santé. En effet, sans la présence d’iode dans l’eau le sel attaque le corps, et à un taix pareil autant dire que c’est pas terrible quand on y reste des journées entières.

Ainsi, le sel non traité est destiné à un usage industriel, par exemple exporté en France en grandes quantités cet hiver pour les routes lors des importantes chutes de neige. Une autre partie est traitée pour finir dans nos assiettes. Il faut savoir que la production annuelle s’élève à 28000 tonnes, soit environ 76,7 tonnes par jour, pour une superficie de 5 km2.

Le site du Lac Rose est également l’étape d’arrivée du Paris-Dakar, d’où l’expression afro « blanc de monde ».!

Il y a également des dunes de sable blanc qui dénotent la proximité du Désert, et de nombreux cocotiers et palmiers idéals pour une petite sieste d’après manger (j’en ai moi même testé l’efficacité!).

En fait j’ai eu de la chance car le Lac n’est pas toujours si rose. Il l’est surtout dans la période hivernale, et encore la plupart du temps il garde une couleur normale. Il y a meme des touristes, la semaine dernière, qui ont voulu se faire rembourser car ils ne trouvaient pas le lac assez rose à leur goût..!

Une dernière chose : le Lac Rose abrite également un village artisanal d’artistes, sculpteur, peintres sur sables, …..de tout pour le parfait toubab, mais je vous déconseille d’y aller. Après une balade aussi douce et agréable, se faire harceler pour acheter des grigris à un prix exhorbitant et qui vont encore finir aux oubliettes, très peu pour moi…bref, je vous recommande le pique nique (et la sieste!) sous les cocotiers dans les dunes, et la balade en pirogue pour faire le tour du Lac (même si on a failli chavirer!), c’est le meilleur, le tout dans un cadre préservé et atypique .. Avis aux amateurs !

La mia scuola ..

•10 mars 2010 • 5 commentaires

C’est pas le tout, mais il faudrait tout de même que j’aborde un thème incontournable : l’Ecole!!Si je suis la en terre africaine, c’est pas pour regarder tomber les noix de coco mais pour une mission bien précise: donner des cours à des enfants et ados qui en ont besoin, mais n’ont malheuresement pas les moyens d’aller à l’école privée.

Bref, je vais vous dresser un décor pour vous improviser à votre tour instituteur, comme ça a été le cas pour moi. L’asso s’occupe de dispenser des cours à différents niveaux du primaire et du secondaire, et ce particulièrement en français, maths et langues étrangères. Personnellement, j’assure l’enseignement des CE2 et des 6e pour le moment. J’avoue qu’on avance pas très vite à cause de la grande disparité des niveaux entre les enfants quelles que soient les classes. Par exemple dans mes CE2 (une vingtaine d’élèves), il y en a qui ne savent toujours pas lire ni écrire correctement, alors que certains connaissent la grammaire française mieux que vous. Du coup comme je suis toute seule pour la classe, c’est pas évident de gérer les retardataires avec qui il faut expliquer 20 minutes une règle de base, alors qu’à côté il y en a qui ont fait tous les exos du chapitre. Bref, il faut redoubler de ruse pour pouvoir garder un minimum de calme dans la classe. Dans l’ensemble j’arrive à gérer la crise en faisant les gros yeux et en donnant un grand coup dans la table, mais il y a quand même des élèves qui m’ont demandé de les frapper car ici ça marche comme ça: la bonne vieille méthode du martinet !!! Mais bon, j’avoue ne pas y être prête, même si des fois ce serait tellement plus facile, et surtout moins fatigant 🙂

A part ça je donne des cours aussi aux 6e, en maths et en anglais principalement. J’ai ajouté le français quand j’ai vu certaines fautes à faire s’écrouler l’académie française…c’est sûr que la phonétique c’est bien, mais avec un dico, c’est mieux! Bref il y a du travail mais les gamins sont super motivés dans l’ensemble donc c’est agréable de leur faire cours, même si des jours je suis plus contente qu’eux à la fin de l’heure, tellement j’ai mal à la tête d’avoir répété les mêmes choses pendant 4 heures!!!

Sinon il y a un autre projet qu’on va mettre en place à partir de la semaine prochaine, c’est donner des cours de remise à niveau à des jeunes adultes, surtout des hommes qui sont menuisiers, carreleurs…ils font des métiers manuels, et savent pas mesurer une pièce ou écrire leur nom, c’est quand même pas très pratique !! Bref on essaiera de leur enseigner un maximum, au moins les notions de base.

Pour conclure, voici un petit descriptif de mes tâches quotidiennes et régulières au sein de l’asso. Après il y a plein dautres choses, entre les réunions, les dossiers de subventions, les sorties pédagogiques, les ateliers d’arts plastiques et autres numéros de cirque….mais ça sera pour une autre fois.!

Photo avec une partie de la classe de CE2, sages comme images?